En guise d’introduction<o:p></o:p>
Le vendredi 21 novembre 2014 lors de la cérémonie de passation de charges entre le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, chef de l’Etat sortant et Michel Kafando, au palais omnisport de Ouaga 2000, ce dernier a fait des déclarations d’intention A cette occasion, le nouveau président a annoncé une moralisation de la vie publique et politique.<o:p></o:p>
S’adressant à l’auditoire, le président du Faso, Michel Kafando, a pris de grandes décisions, qui ont suscité enthousiasme et ovation du public.<o:p></o:p>
Il s’agit d’abord de « ramener la morale à la première place dans l’exercice du pouvoir politique ». Le temps de l’impunité est passé, et pour Michel Kafando, plus question d’injustice, de gabegie, de corruption. Il a expliqué sa vision du bien public, et a prévenu « (…), ceux qui ont méprisé cette justice et qui pensent qu’ils peuvent impunément dilapider les deniers publics, nous règlerons bientôt les comptes ». Ceci est, pour lui, le désir du peuple. Il dit avoir compris le message. « Tout nous conduit donc à prendre nos responsabilités et à répondre à cet appel », a-t-il déclaré.<o:p></o:p>
« La moralisation de la vie politique ». <o:p></o:p>
Le thème s’écrit plus souvent dans la séparation que dans la conjonction.
La pensée moderne assimile et réduit le politique à la domination, réfléchit en
termes de hiérarchie et de pouvoir des uns sur les autres. Mieux encore chez nous au Faso comme ailleurs, la notion de politique se rapproche de la prostitution. Cela s’entend que l’entrepreneur politique est dans une posture de perversité. Il est communément admis que le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt dans l’absolu.<o:p></o:p>
La politique est la plus haute expression de la vie sociale. Elle est par excellence le lieu d’accomplissement de la visée éthique. La politique assure la pluralité et réalise par la justice le désir de vivre ensemble. Cette majesté du politique ne peut cependant s’exprimer, sans un retour aux sources de la citoyenneté, celle qui repose sur le sentiment de responsabilité et l’inscription dans le groupe. La démocratie ne se comprend pas sans engagement moral. Faut-il ajouter sans morale publique ?<o:p></o:p>
I. LA MORALE ET LA POLITIQUE<o:p></o:p>
Notre époque est en proie au doute, sinon au vide. Il existe comme crise récurrente plus profonde qui est celle de la confiance en la politique elle-même qui porte à la fois sur son sens et sur ses capacités, et qui est liée à une crise plus globale de la normativité, c’est-à-dire des valeurs susceptibles de nous orienter dans notre vie individuelle et, surtout, collective en nous proposant, voire en nous imposant des fins dignes d’être poursuivies.<o:p></o:p>
On laissera de côté la dégradation des comportements politiques individuels, qui est générale et bien qu’elle joue un rôle dans ce scepticisme : corruption, ambition, mensonge, haine des uns contre les autres, rivalités pour le pouvoir, etc. Ce qui est plus profond et spécifique à notre présent, c’est le sentiment à la fois d’absurde et d’impuissance qui habite les hommes face à l’histoire dont ils sont pourtant, en un sens, les acteurs.<o:p></o:p>
Les hommes politiques font et défont l’humanité à leur guise. Cela est dû, très clairement, à la confusion actuelle entre la fin et les moyens.<o:p></o:p>
La pensée politique opère une distinction entre la morale et politique et cela à plusieurs égards. <o:p></o:p>
Ø Du point de vue du but.<o:p></o:p>
L’une se soucie de la vertu de la personne, l’autre du bien public. L’une met en jeu une liberté dans son rapport à elle-même, l’autre cherche à concilier des libertés dans leurs relations extérieures sous des lois communes. L’une prend donc en charge le salut de l’âme, l’autre le destin d’une collectivité. La morale correspond à une exigence intérieure, la politique à une nécessité de la vie sociale. On peut être moralement bon, dans une cité politiquement malade ; une cité peut avoir une vertu politique sans que ses membres aient individuellement une grande vertu morale. Aristote disait en ce sens : « Il est possible d’être un bon citoyen sans posséder la vertu qui nous rend homme de bien ».<o:p></o:p>
Ø Du point de vue des moyens.<o:p></o:p>
La morale est affaire d’intériorité. On est moral, non par la conformité extérieure de l’action à la loi mais par la qualité de son vouloir. Cf. L’analyse kantienne de la bonne volonté et sa distinction de la légalité et de la moralité. Il s’ensuit que c’est la pureté de l’intention qui fait la moralité de l’acte. Celle-ci est indépendante de ses conséquences. Cf. La distinction wébérienne de l’éthique de la conviction et de l’éthique de la responsabilité.<o:p></o:p>
L’action politique se déploie dans l’extériorité et elle est moins jugée sur les intentions qu’elle proclame que sur les résultats qu’elle obtient.<o:p></o:p>
Cette observation conduit Machiavel à affirmer que la politique est un ordre des réalités humaines absolument irréductible à tout autre. Elle est une lutte agonique pour la prise et la conservation du pouvoir, obéissant à une logique quasi autonome. Qu’il s’agisse d’imposer la tyrannie ou d’instituer et de sauvegarder la république, la règle est toujours la même. Il s’agit de vaincre. Dans cet ordre la fin justifie les moyens.<o:p></o:p>
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D’où les rapports tendus de la morale et de la politique.<o:p></o:p>
Machiavel montre que la conquête et l’exercice du pouvoir sont l’enjeu de luttes féroces dans lesquelles l’homme politique ne doit pas trop s’encombrer de scrupules moraux. C’est là le plus sûr moyen d’échouer. Certes il est important de paraître vertueux (honnête, bon, intègre, loyal, etc.) car sur la scène sociale l‘apparence est reine. Mais précisément parce que le peuple ne juge que sur les apparences, seule la réussite compte à ses yeux. Un homme politique n’est pas jugé sur la pureté de ses intentions, ni sur la qualité morale des moyens mis en œuvre pour réaliser les fins politiques (la paix civile, la prospérité collective, ce qu’un peuple considère à un moment donné comme juste etc.), il est jugé sur sa réussite et de ce point de vue il est suicidaire d’être moral. Pourquoi ?<o:p></o:p>
Parce que les hommes ne sont pas des êtres de raison. Ils sont des êtres de passions. La méchanceté humaine, le mal sont radicaux. Un peuple est travaillé par ce que Machiavel appelle des humeurs. L’humeur des grands est de dominer, l’humeur du peuple est de refuser d’être gouverné. Les rapports humains sont des rapports de force où le désir commun est de l’emporter sur l’autre tant dans l’ordre de l’appropriation des biens que dans celui du pouvoir.<o:p></o:p>
Si l’homme était raisonnable, il serait possible de ne gouverner que par la loi, mais l’homme étant déraisonnable, le politique ne peut contenir les effets de violence de la déraison qu’en ayant la force du lion et la ruse du renard. « Bien savoir user de la bête et de l’homme » voilà la vertu politique par excellence. (Cf. L’interprétation que Machiavel fait de la légende du centaure Chiron, éducateur des héros grecs. Mi homme, mi cheval).<o:p></o:p>
Il faut être lion pour résister à l’attaque des loups, mais la force seule est impuissante et contre-productive (elle suscite l’esprit de rébellion et l’escalade des violences), sans la ruse du renard permettant de contourner les pièges ou de savoir en jouer.<o:p></o:p>
Puisqu’il faut être fort, l’enjeu est moins d’être aimé du peuple, que d’en être craint, mais cette crainte doit exclure la haine. Pour cela il faut flatter les passions des uns et des autres en jouant des rivalités internes au corps social. La grande vertu du politique est de flairer quel est le moyen le plus approprié au bon moment, car si la réussite politique met en jeu un art politique, cet art est avant tout, celui de savoir tirer parti des circonstances. Celles-ci sont changeantes. Machiavel appelle fortune le mouvement capricieux qui emporte les choses humaines et explique le désordre de l’histoire. Adversaire de l’homme d’action s’il ne sait pas en prendre la mesure, la fortune peut devenir son auxiliaire s’il sait par sa valeur (concept machiavélien de vertu) s’y adapter. L’essentiel de la vertu politique consiste d’ailleurs à être en accord avec la fortune, mais l’homme n’en a pas la maîtrise totale. Ce qu’illustre la maladie de César Borgia (1475-1507) et la mort de son père, le pape Alexandre VI, au moment où il est au faîte de sa puissance. (Cf. Le Prince [2] § VII). Cf. Texte.<o:p></o:p>
Il y a aussi une tension entre la morale et la politique, du fait que disposer du pouvoir politique c’est disposer de l’usage de la force publique puisque l’Etat est selon la définition de Max Weber : « l’instance qui a le monopole de la violence légitime ». Envoyer les soldats à la guerre, mobiliser les CRS pour faire respecter la loi ne sont pas des décisions faciles à prendre moralement or le scrupule moral peut être coupable politiquement. Voilà pourquoi on a le sentiment que « l’homme d’action se compromet avec des puissances diaboliques qui sont aux aguets dans toute violence ».Weber. Le Savant et le Politique.<o:p></o:p>
II. COMMENT MORALISER LA VIE POLITIQUE<o:p></o:p>
Selon un sondage Opinionway Le Figaro-LCI, 77 % des Français estiment que les élus et les dirigeants politiques sont « plutôt corrompus ». Interrogés sur les sentiments qu’ils éprouvent par rapport à la politique, 36 % des sondés choisissent le « dégoût », 32 % évoquent de la « méfiance », 10 % de l’ennui et seulement 9 % de « l’intérêt » et 6 % « de l’espoir ».<o:p></o:p>
La vie politique, faut-il le souligner, est faite essentiellement de relations humaines ; elle est un ensemble d'interactions entre différentes consciences dans leurs diversités et particularités.<o:p></o:p>
L'espace politique se trouve être le lieu de formation et de codification des rapports entre citoyens, assignant à chacun d'eux des droits et des devoirs publics. Ces droits et devoirs publics sont fondés sur la recherche d'une meilleure existence assurant à tous la sécurité, la liberté et l'épanouissement. A cet égard, la démocratie comme forme agissante du républicanisme, cesse d'être alors seulement une manière de gérer la cité, pour être également plus une exigence morale en incluant les valeurs de la liberté, de la responsabilité, du respect d'autrui et de la recherche de la paix parmi les hommes et entre les nations. C'est en cela que qu’il nous faut indiquer des préalables éthiques d'une politique digne des êtres humains.<o:p></o:p>
Comment moraliser la vie politique ?<o:p></o:p>
La moralisation de la vie politique participe de plusieurs dimensions. A ce niveau des instruments sont à définir et une procédure est à déterminer. <o:p></o:p>
La moralisation et la transparence de la vie publique au Burkina est une lutte engagée depuis les indépendances. Dans la sous-région, notre pays était cité en exemple en matière de gestion et de transparence dans la gestion des affaires publiques. Les hommes politiques de la Haute Volta malgré la précarité des moyens dont disposait le pays ont su faire une profusion de valeur pour maintenir une certaine moralité dans leur entreprise politique.<o:p></o:p>
Rappelez-vous la « Garangose » a fait son temps, les TPR ont vécu.<o:p></o:p>
La moralisation de la vie publique a été au cœur de l’action gouvernementale pendant la période révolutionnaire. De nombreux témoins, auditeurs et autres nostalgiques se souviennent encore des longues séances des assises des Tribunaux populaires de la révolution (TPR), qui se tenaient à la Maison du peuple de Ouagadougou ou délocalisées à Bobo-Dioulasso et retransmises en direct à la Radio nationale.<o:p></o:p>
Créés en octobre 1983, les TPR ont connu leur première audience, le 3 janvier 1984. A l’entame de ces séances de jugements qui sortaient de l’ordinaire, le président Thomas Sankara avait justifié ce type d’assisses criminelles : « La création des TPR se justifie par le fait qu’en lieu et place des tribunaux traditionnels, le peuple voltaïque entend désormais matérialiser, dans tous les domaines, dans tous les secteurs de la société, le principe de la participation effective des classes laborieuses et exploitées à l’administration et à la gestion des affaires de l’Etat ». Les TPR se voulaient des tribunaux d’exception instaurés en lieu et place des tribunaux classiques ou de droit commun. Leur but était de récupérer « aussi intégralement que possible pour le peuple, tous les biens qui ont été détournés, dilapidés, pillés par les dignitaires des régimes réactionnaires et également d’infliger les actions exemplaires et appropriés à ceux qui ont ruiné le peuple ».<o:p></o:p>
La différence fondamentale d’avec les tribunaux classiques se trouve dans cette disposition selon laquelle les TPR siègent sans représentant du ministère public et l’accusé assure, lui-même, sa défense, sans avocat. C’est là, le talon d’Achille des TPR, qui ont été d’ailleurs vus par certains comme un règlement de compte dirigé contre les « réactionnaires ». Au terme d’un an d’existence, le bilan faisait état de 139 personnes jugées en seize (16) audiences, avec 104 condamnations à l’emprisonnement et à des peines pécuniaires. Trente-trois (33) personnes ont été relaxées. Et le montant des condamnations pécuniaires s’élevaient à environ 7 milliards de FCFA…<o:p></o:p>
L’une des initiatives fortes de promotion de la bonne gouvernance et de la transparence à cette période est la déclaration des biens des dirigeants. Ainsi, à l’invite de ce qu’on a appelé la Commission du peuple chargée de la prévention contre la corruption (CPPC), en février 1987, des membres du gouvernement révolutionnaire, avec à leur tête son premier responsable, des directeurs généraux de sociétés, des ambassadeurs du Burkina accrédités à l’étranger… sont passés à la « barre », pour déclarer publiquement leurs biens. Si les TPR étaient des organes de jugement des crimes et délits, la CPPC se voulait un instrument « de morale révolutionnaire contre les perversions ».<o:p></o:p>
Lors des travaux du conseil consultatif sur les réformes politiques, qui se sont déroulées entre juin et novembre 2011, l’un des points de consensus retenus a été, la déclaration des biens des hautes personnalités nouvellement nommées, avant leur entrée en fonction, comme cela devrait être le cas devant le Conseil constitutionnel. Une approche de la gestion des deniers publics qui rappelle la période révolutionnaire. C’est ce qui a été fait tout récemment. <o:p></o:p>
Les membres du gouvernement ont déclaré leurs biens.<o:p></o:p>
Dans le numéro spécial du 13 avril 2015 du Journal officiel du Burkina Faso, il est donné aux Burkinabè de prendre connaissance de la Déclaration sur l’honneur de la liste des biens du Président du Faso, des membres du gouvernement et du Secrétaire Général du Gouvernement et du Conseil des ministres.<o:p></o:p>
Ceci est la liste des personnalités soumises à l'obligation de déclarer leurs biens auprès du Conseil constitutionnel à l'entrée et à la cessation de leurs fonctions. Toutefois, la présente liste devra être actualisée puisque sont aussi concernés entre autres les présidents des Conseils régionaux.<o:p></o:p>
- le Médiateur du Faso ;
- le Grand Chancelier des Ordres burkinabè ;
- le Président du Conseil supérieur de l'information ;
- le Président de la Commission électorale nationale indépendante ;
- les Chefs de missions diplomatiques et les consuls généraux ;
- les personnalités de rang ministériel ;
- les Gouverneurs de régions ;
- les Présidents des hautes juridictions ;
- les Présidents d'université et les directeurs généraux des grandes écoles ;
- le Délégué général du Centre national de recherche scientifique et technologique ;
- les Chefs d'état-major des armées ;
- le Contrôleur général d'Etat et les contrôleurs d'Etat ;
- les Commandants de régions militaires ;
- les Présidents des cours d'appel et les procureurs généraux ;
- le Directeur général du Trésor et de la comptabilité publique ;
- le Directeur central de l'Intendance militaire ;
- le Président du Comité national de lutte contre la fraude ;
- le Directeur central des marchés publics ;
- le Directeur général de la douane ;
- le Directeur général de la police nationale ;
- le Directeur général des impôts ;
- les Directeurs généraux des entreprises publiques ;
- les Présidents des conseils provinciaux ;
- les Maires ;
- les Chefs de projets à gestion autonome.<o:p></o:p>
A cela s’ajoute les outils de lutte contre les conflits d’intérêts. <o:p></o:p>
Outre la déclaration de patrimoine, sont également concernés les revenus annexes des élus (les activités professionnelles des élus, leurs participations dans des structures privées et même leurs engagements bénévoles devront être déclarés). Pour le cas de la France on peut retenir que les parlementaires exerçant une profession annexe telle qu’une activité de conseil, avocat, médecin ou autre doivent rendre publics les revenus issus de ces activités.<o:p></o:p>
Elle doit inclure les informations relatives à leurs activités professionnelles sur les cinq dernières années mais aussi celles de leur conjoint.<o:p></o:p>
Par ailleurs, députés et sénateurs ne peuvent plus se lancer dans une activité professionnelle parallèle à leur mandat s’ils n’exerçaient pas cette profession avant leur élection.<o:p></o:p>
Le non cumul des mandats est aussi une mesure de moralisation et de transparence de la vie politique. La loi peut prévoir une interdiction du cumul des mandats.<o:p></o:p>
Interdiction de cumuler deux mandats nationaux entre eux ou bien un mandat national et certains mandats locaux ou territoriaux et enfin plusieurs mandats territoriaux entre eux.<o:p></o:p>
Par ailleurs d’autres instruments juridiques participent de la moralisation de la vie politique. <o:p></o:p>
Il y a lieu de noter le code électoral qui avec certaines dispositions participe de cette dynamique. <o:p></o:p>
Le Conseil national de la transition (CNT) a adopté par 75 voix pour, 10 voix contre et 3 abstentions sur 88 votants, ce 7 avril 2015, le projet de loi portant modification de la loi N°014-2001/AN du 3 juillet 2001 portant code électoral. Cette loi modificative, si elle est promulguée par le Président du Faso, intègre de nombreuses réformes dans l’organisation électorale au Burkina.<o:p></o:p>
Conditions d’inéligibilité. Parlant de cette relecture, elle reprend, pour commencer, les dispositions de la Charte africaine de la démocratie et de la bonne gouvernance. En ses articles 135, 242 et 166, la nouvelle loi exclut de la présidentielle, des législatives et des municipales, « toutes les personnes ayant soutenu un changement anticonstitutionnel qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique, notamment au principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels ayant conduit à une insurrection ou à tout autre forme de soulèvement, sont inéligibles ». A préciser que ces dispositions ne concerneront que les élections présidentielle et législatives d’octobre 2015 et municipales de janvier 2016.<o:p></o:p>
D’autres réformes. Outre ces nouvelles conditions d’inéligibilité, le nouveau code électoral intègre les candidatures indépendantes aux différentes élections. Une « avancée » saluée par les députés représentant la société civile.<o:p></o:p>
Le Code électoral interdit également les gadgets électoraux lors de la campagne électorale. L’article 68 ter dispose en effet que « les pratiques publicitaires à caractère politique, l’offre de tissus, de tee-shirts, de stylos, de porte-clefs, de calendriers et autres objets de visibilité à l’effigie des candidats ou symbole des partis ainsi que leur port et leur usage, les dons et les libéralités ou les faveurs administratives faits à un individu, à une commune ou à une collectivité quelconque de citoyens à des fins de propagande pouvant influencer ou tenter d’influencer le vote sont interdits quatre-vingt-dix jours avant tout scrutin ».<o:p></o:p>
Le nouveau texte s’oppose également à l’utilisation des biens de l’Etat à des fins électoralistes. « L’utilisation d’attributs, biens ou moyens de l’Etat, comme ceux d’une personne morale publique, d’une institution ou d’un organisme public notamment une société, un office, un projet d’Etat et une institution internationale à des fins électoralistes est interdite sous peine de sanctions (…) », dispose enfin l’article 68 quarter.<o:p></o:p>
Enfin, la loi qui a été adoptée par les membres du CNT porte désormais à 25 millions de F CFA la caution des candidats à la présidentielle.<o:p></o:p>
En dernier ressort en période électorale, le Conseil supérieur de la communication (CSC) a la charge de fixer, en conformité et selon les dispositions du code électoral, les conditions de production, de programmation, de diffusion des émissions et articles de campagne. Toutes ces mesures participent de la moralisation de la vie politique.<o:p></o:p>
III. CONTRIBUTION DES VALEURS ISLAMIQUES DANS LA MORALISATION DE LA VIE POLITIQUE BURKINABE<o:p></o:p>
En ce qui concerne la législation et l’éthique islamiques, il est important de nous interroger sur ce que sont les valeurs éthiques et sur la manière dont l’éthique peut être conciliée avec la politique. Pour ce faire, nous avons besoin d’étudier les principes que renferment les textes et les objectifs que nous devons réaliser en ce qui concerne la bonne gouvernance. Nous devons poser la question même du sens de la « bonne gouvernance » d’un point de vue islamique et des valeurs éthiques sur lesquelles nous devons la faire reposer. Au-delà des modèles historiques et des discussions concernant la structure politique, il importe de réfléchir à la politique et au pouvoir, et à traiter la manière dont l’éthique, les principes et les objectifs islamiques majeurs (maqâsid) invitent les musulmans de notre pays à appréhender leur citoyenneté, le pouvoir et la structure politique de façon générale.<o:p></o:p>
De façon spécifique en quoi notre participation citoyenne au Burkina peut contribuer à la moralisation de la vie politique ?<o:p></o:p>
Agir sans objectif, c’est s’agiter ; agir pour une finalité, c’est former et construire. C’est pourquoi notre réflexion doit aboutir à ces constantes qui résonnent comme un viatique. Pour ce faire notre engagement citoyen doit se faire par le militantisme dans les OSC. Il faut militer et créer aussi. Et cela dans tous les domaines ; environnement, art, sport, consommation droit de l’homme, éducation. Puisque nous savons que nous ne pouvons pas, être "des musulmanes et des musulmans sans l’islam " alors il faut vivre sa foi. De toute notre force nous devons rester fidèles à Dieu et à notre être. C’est au cœur de cet engagement, que nous serons témoins de la bonne gouvernance au Faso. Être avec Dieu, c’est dire aux autres surtout aux entrepreneur politique que tout n’est pas permis pour de l’argent, du plaisir ou du pouvoir. <o:p></o:p>
L’éthique de la responsabilité qui est au cœur de la spiritualité musulmane, dit et affirme qu’il y a " un bien ", qu’il y a " un mal " et qu’il convient de faire un choix. Il faut promouvoir le bien et savoir résister à l’injuste et au mal. Pour cela, il faut refuser de se dépouiller pour se faire accepter des autres.<o:p></o:p>
Pour ne pas conclure<o:p></o:p>
Notre vision se fonde sur la promotion de la justice, par le geste, par la parole, par les invocations, partout et en tout lieu. Nous sommes les amis de toutes celles et de tous ceux qui sont engagés au juste respect des principes de la bonne gouvernance, quels qu’ils soient. Nous sommes les amis de toutes celles et de tous ceux qui exigent un juste respect de valeurs morales de dignité chez l’homme. Avoir le courage de dénoncer ce qui doit être dénoncé, de louer ce qui doit l’être, de participer et de promouvoir les justes initiatives : qu’elles soient le fait de musulmans ou non, la justice est la justice et nous en sommes les dévoués défenseurs.<o:p></o:p>